Après l’annonce du lancement cet été d’un nouveau système de streaming
musical par Apple, la Commission Européenne s’interroge en ce début de mois
d’avril 2015, sur les bienfondés de ce service. Et toi, t'en penses quoi ?
Alors que le streaming séduit de plus en plus, Bruxelles
analyse la situation et doit décider d’accepter ou non la création cet été,
d’un nouveau service de streaming musical par Apple, d’après le journal britannique
Financial Time, qui a eu écho
d’informations précises émanant de sources sûres. Pour le moment, ni Apple ni
la Commission Européenne n’a souhaité répondre sur l’avancement de ce dossier.
Les termes des contrats passés entre les labels et Apple restent flous
Tu achètes chez Apple, ils sont premiers sur le marché de la vente de musique en ligne. Concurrence déloyale ? La
Commission Européenne doit savoir quels sont les termes exacts des contrats
passés entre les maisons de disques et les services de musique de streaming
(musique en flux continu, sans téléchargement sur le support d’écoute) déjà
existants (Deezer, Spotify…). Le but est de s’assurer qu’Apple ne tentera pas
de limiter de manière frauduleuse ces services d’écoutes de musique
actuellement partiellement gratuits, puisque financés par la publicité.
La Commission Européenne doit également
savoir si les relations et la pression qu’exerce Apple sur les acteurs de l’industrie
de la musique n’obligeraient pas ces derniers à délaisser les autres
plateformes de streaming, laissant ainsi un quasi monopole à Apple. La question
est d’autant plus forte que Vivendi, groupe dont Universal (plus gros acteur de
l’industrie de la musique) fait partie, dispose de parts dans l’entreprise
Apple ce qui pourrait faire pencher la balance. Actuellement, les maisons de disques et notamment les trois
majors (Universal, Sony et Warner) octroient des licences aux services de
streaming pour qu’ils diffusent leurs artistes. La question de la concurrence
déloyale est donc tout à fait effective. Daniel Marhely, co-fondateur d’Apple
expliquait au magazine Challenges craindre Apple : « Ils peuvent nous faire mal en
signant des exclusivités avec des majors, des labels, des artistes, ou en
arrivant avec un prix très agressif ». Car en effet, le partage des revenus du streaming c'est déjà assez
compliqué.
Spécialement pour toi, un petit aperçu :
Partage des
revenus générés par le streaming en ligne – source TechDirt
L’analyse va demander du temps et de
l’investigation. Si jamais la Commission Européenne pressent un quelconque
risque, elle pourra faire changer une partie du business model déjà établi par
Apple, modifier des termes des contrats entre Apple et les fournisseurs de
musique et même les condamner à payer des amendes conséquentes.
Une guerre qui ne date pas d’aujourd’hui
Cette question de concurrence déloyale n’est
pas sans rappeler celle de la création de l’iTunes Store, qui avait en 2004 vu
décliner l’industrie du disque. Apple, fournisseur de matériel informatique, s’installait
rapidement comme précurseur du marché de la musique légale sur le net alors que
personne ne croyait en ce projet. Pascal Nègre s’indignait en 2010 :
« A l’époque, la presse titrait déjà
sur : ‘les majors veulent maitriser le monde global de la musique’. Maintenant,
c’est Apple qui détient 75% du marché… ». Les majors auraient pu
décider de s’allier pour proposer leur propre plateforme de téléchargement et
ainsi concurrencer iTunes en vendant directement leur musique. Ce dernier
n’aurait alors eu aucun catalogue à fournir à ses clients et les majors se
seraient imposées comme premier fournisseur de contenu, ce qui aurait été tout
à fait normal. Ici, on se retrouve avec un fabricant de matériel (Apple) comme
vendeur de contenu et bientôt, de streaming musical ? Car rappelons-le, Apple n’a pas peur de payer des amendes.


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